Depuis 2022, Interfora IFAIP a développé avec deux entreprises de son territoire un programme de formation permettant à des salariés en poste, à des jeunes en recherche d’opportunités ou à des personnes en reconversion d’obtenir le CQP[1]  : Conducteur de ligne de conditionnement des Industries Chimiques.

Très opérationnelle, cette formation en alternance permet d’acquérir progressivement de l’autonomie sur le poste et d’obtenir, en 9 à 12 mois, une certification professionnelle reconnue. Elle répond à la fois aux besoins spécifiques des entreprises de la Chimie et à ceux des apprenants, grâce à un accompagnement continu qui favorise leur réussite.

La conduite de ligne de conditionnement est un métier clé

Comme tous les métiers de la production des industries de la Chimie, la conduite d’une ligne de conditionnement requiert une bonne connaissance du risque chimique et des règles de sécurité, ainsi que des bases en matière de procédés chimiques. Le contenu pédagogique fait d’ailleurs l’objet d’un tronc commun partagé avec la formation au métier d’opérateur de fabrication. Toutefois, la conduite d’une ligne de conditionnement requiert également de nombreuses compétences spécifiques. « Premièrement, l’opérateur doit réaliser des actions sur différents équipements automatisés et mener à bien des opérations de mise en route et d’arrêt, de conduite, de contrôle ou de maintenance de premier niveau, explique Frédéric Guichardet, responsable développement des offres chez Interfora IFAIP. Il doit maîtriser le vocabulaire technique pour pouvoir, si nécessaire, fournir une aide au diagnostic de panne aux équipes de maintenance. N’oublions pas aussi que le conditionnement est la toute dernière étape avant la livraison du produit. Le poste exige donc une attention aux enjeux de qualité, de conformité et de traçabilité. »

Le secteur du conditionnement est stratégique, puisqu’il correspond à la dernière étape avant la sortie d’usine et concentre donc des enjeux majeurs de sécurité, de qualité, de contrôle, de conformité et de traçabilité. Le projet a d’abord été déployé avec Bayer, avant que BASF ne rejoigne à son tour la démarche en 2024 pour accompagner la montée en compétences de deux collaborateurs en conditionnement. Le métier de conducteur de ligne connaît de fortes tensions sur les recrutements.

 

[1] CQP = Certificat de Qualification Professionnelle

Un CQP qui répond à la fois aux besoins de recrutement et de montée en compétences

L’organisation de la formation et son contenu ont été adaptés pour répondre au mieux aux besoins exprimés par les entreprises engagées dans le dispositif. Pour l’usine Bayer de Villefranche-sur-Saône, le CQP est un moyen de recruter de nouveaux salariés. « Notre activité est marquée par une forte saisonnalité, explique Anne Minier, coordinatrice Académie de formation de Bayer. Le CQP nous permet de constituer un vivier de main-d’œuvre formée, à laquelle nous pourrons faire appel durant la saison haute. Pour les apprenants, le CQP permet d’apprendre un métier et d’obtenir une certification professionnelle, tout en travaillant, avant, s’ils le souhaitent, de revenir chez nous en CDD ou en intérim. »

Le CQP repose sur un parcours structuré en plusieurs étapes, fondé sur un référentiel de compétences de branche. Un repérage des compétences peut être réalisé en début de parcours, puis un accompagnement individualisé est mis en place entre le candidat, le tuteur et l’organisme de formation. Celui-ci se prolonge par des points d’étape en entreprise afin de mesurer le développement des compétences et d’ajuster, si nécessaire, les attentes ou les modalités d’apprentissage, avant une ultime phase de préparation à l’évaluation finale.

Le public visé est volontairement large : salariés en poste, personnes en reconversion, demandeurs d’emploi, ou encore candidats disposant déjà d’une première expérience dans l’industrie. Le dispositif valorise ainsi davantage l’expérience, la motivation et le potentiel d’apprentissage que les seuls diplômes initiaux. Il répond aussi à des besoins peu couverts par les parcours de formation classiques, en proposant une réponse plus directement ajustée aux réalités de l’entreprise et du poste visé. Interfora IFAIP contribue à la sélection des candidats. « Il n’y a pas de niveau d’études requis, précise Frédéric Guichardet. Nous privilégions les personnes qui ont déjà eu une expérience dans l’industrie. Ensuite, nous réalisons des tests et des entretiens pour évaluer la capacité d’apprentissage et la motivation. »

D’autres entreprises utilisent davantage le CQP pour accompagner la montée en compétences de salariés déjà en poste. « La formation permet de prendre du recul sur sa pratique, d’être plus efficace, de mieux comprendre les consignes et de mieux interagir avec son environnement de travail, détaille Frédéric Guichardet. Le CQP permet alors de valoriser des compétences acquises et de donner du sens à son travail. » Le dispositif poursuit ainsi un double objectif : constituer un vivier de nouveaux collaborateurs et renforcer les compétences techniques ainsi que les réflexes qualité, sécurité et environnement des salariés déjà en poste.

L’accompagnement, un levier décisif pour réussir le CQP

Les sessions de formation, d’une durée totale de 280 heures, se concentrent sur des périodes de deux semaines séparées par cinq à six semaines de travail en entreprise. « Les  apprenants doivent acquérir les connaissances théoriques prévues dans le référentiel, rappelle Frédéric Guichardet. Mais notre pédagogie repose surtout sur des mises en situation dans notre usine-école. Nos installations permettent d’essayer, de se tromper, ou encore de simuler des procédures exceptionnelles. »

La majeure partie du temps d’apprentissage se déroule sur le lieu de travail. Les  apprenants sont accompagnés d’un tuteur. « Le tuteur est un collègue de l’équipe sans lien hiérarchique, un conducteur de ligne de conditionnement expert, capable de prendre en charge un débutant, explique Anne Minier. Il fait découvrir au salarié en formation l’unité de production, les règles de sécurité, le mode de fonctionnement de l’équipe et l’aide à intégrer ses nouvelles responsabilités. » Il est également présent à ses côtés lors des rencontres régulières — au moins trois — organisées avec le formateur référent pour faire le point sur les acquis, les axes de progression et les nouveaux objectifs. « L’accompagnement est un élément clé de la réussite du CQP, confirme Anne Minier, y compris pour rassurer les  apprenants, écouter leurs difficultés ou les aider à réaliser le dossier qu’ils devront présenter lors de l’examen final. »

Les résultats sont au rendez-vous. Entre 2023 et 2024, une première promotion a réuni 12 personnes. La promotion 2025-2026 rassemble quant à elle 9 participants issus d’un groupe mixte fabrication-conditionnement, dont 2 salariés de BASF. Lors de la dernière promotion, 100 % des candidats qui se sont présentés ont été certifiés ; la moitié travaillent régulièrement pour des missions ponctuelles, tandis que plusieurs ont été embauchés en CDI dans d’autres entreprises.

Pour en savoir plus, découvrez nos CQP sur notre Observatoire de branche.

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