La Commission des titres d’ingénieurs (CTI) prévoit dans le programme de formation des apprentis une mobilité internationale d’au moins neuf semaines. Pour les futurs ingénieurs chimistes, ces immersions à l’étranger offrent l’opportunité d’enrichir leurs compétences techniques, en découvrant des technologies de laboratoire différentes, des approches expérimentales variées ou des méthodes de recherche et de production propres à des contextes internationaux. Elles permettent également de renforcer leurs aptitudes linguistiques et de développer des compétences transversales essentielles telles que l’autonomie, l’adaptabilité et l’ouverture culturelle. L’École nationale supérieure de Chimie de Mulhouse (ENSCMu)[1], qui forme chaque année plus de 300 ingénieurs chimistes, a ouvert les coulisses de ces parcours internationaux à l’Observatoire des industries de la chimie pour mieux comprendre leurs bénéfices et leur organisation.

Destination Chicoutimi pour explorer la formulation cosmétologique

À la fin de sa deuxième année, Lola Brandy s’envolera vers Chicoutimi au Québec pour une durée de 9 semaines. « Je vais réaliser un stage universitaire dans la formulation cosmétologique, précise-t-elle. Ce stage est pour moi l’occasion d’explorer une nouvelle discipline dans un univers totalement nouveau : celui de la recherche fondamentale dans un laboratoire public. » En effet, le reste de l’année, Lola partage son temps entre les cours et un site de production de Seqens, entreprise présente sur trois continents qui fabrique des principes actifs pour l’industrie pharmaceutique. « Le fil rouge de mes activités en entreprise consiste à collecter et analyser des données en vue d’optimiser le nettoyage des équipements, détaille-t-elle. En marge de cette mission, je participe à de nombreux autres projets qui me permettent de découvrir le plus largement possible les facettes du métier d’ingénieur en environnement de production. »

[1] L’ENSCMu est l’une des 20 écoles d’ingénieurs de chimie et de génie chimique françaises de la Fondation Gay Lussac.

Du projet au départ : l’accompagnement des mobilités par l’ENSCMu

Afin de réaliser leur mobilité internationale, les apprentis ont deux solutions : identifier avec leur employeur une mission dans une filiale ou chez un fournisseur à l’étranger, ou dénicher un stage dans une autre structure si l’entreprise ne dispose pas de sites à l’étranger. En l’absence d’opportunités dans les filiales du groupe, Lola Brandy a pu compter sur l’aide de Magali Bonne, responsable Relations internationales et Mobilités de l’ENSCMu. « Vis à vis de l’employeur, l’obligation de mobilité ne pose pas de problème dans la mesure où elle est prévue au contrat et concerne la totalité des ingénieurs en apprentissage, rappelle Magali Bonne. Les entreprises ont la possibilité de mettre en veille le contrat pour la durée de la mobilité. C’est juste une question d’organisation. En revanche, la durée de 9 semaines, un peu trop courte au goût des entreprises d’accueil, peut être dissuasive. En Chine par exemple, c’est au minimum trois mois ! »

@Grégory Tachet

À Samos, la Chimie au service de la protection des milieux aquatiques

Ainsi, l’ENSCMu mobilise-t-elle les écoles et universités partenaires pour accueillir des stagiaires. La plupart de celles-ci sont habituées à recevoir des étudiants. Elles leur donnent accès à des stages en laboratoires universitaires ou mobilisent leur réseau d’entreprises. « L’intérêt premier des mobilités internationales est l’ouverture d’esprit et la découverte d’une nouvelle culture, insiste Magali Bonne. Les apprentis expérimentent de nouvelles façons de travailler, de nouveaux environnements de travail, un nouveau rapport à la sécurité… Mais, c’est surtout une expérience personnelle très enrichissante ! » En stage sur l’île grecque de Samos, Aurélie Valerio partage cet avis. Au sein d’Archipelagos, une ONG dédiée à la protection des milieux aquatiques et à la préservation des mammifères marins, elle a pour mission d’analyser les échantillons d’eau et de mesurer la pollution aux micro-plastiques. « C’est très différent de tout ce que j’ai connu, affirme Aurélie Valerio. Il y a du travail de prélèvement sur le terrain, beaucoup de présentations à faire, toujours en anglais. Il faut gérer le stress, prendre des initiatives, mener les projets de façon autonome. Et sur le plan personnel, c’est unique : plusieurs semaines de vie en communauté et une grosse prise de conscience sur la nécessité d’agir contre la pollution ! » Dans quelques semaines, Aurélie Valerio reprendra sa place chez Arkopharma, où elle opère dans la validation de méthode analytique. Avec un enthousiasme renforcé pour son choix d’orientation. « Avec la Chimie, on peut vraiment travailler dans de nombreux domaines : santé, cosmétique, matériaux et protection de l’environnement. Cela ouvre énormément de portes. »

Pour accompagner les apprentis et les entreprises tout au long du projet de mobilité, plusieurs dispositifs d’information, d’accompagnement et de financement existent. Des aides financières permettent ainsi aux alternants de vivre une expérience internationale enrichissante (programme Erasmus +…). L’OPCO 2i joue un rôle clé dans le soutien aux entreprises et aux centres de formation, en facilitant le montage et le financement des projets de mobilité. Les réseaux Euroguidance et EuroApp Mobility proposent également des ressources précieuses pour s’orienter, sécuriser les parcours et valoriser les compétences acquises à l’étranger.

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